Peaky Blinders, Saison 1

PeakyAffiche2Angleterre, Birmingham, une ville industrielle, au lendemain de la Première Guerre Mondiale. Les Peaky Blinders, un gang dirigés par les trois frères de la famille Shelby, organisent des paris truqués et traînent dans différentes affaires criminelles.Il y a Arthur l’aîné, le chef nominal de la famille, John, le plus jeune, et surtout Tommy le mutique, au charisme entraînant, entouré d’un voile de mystère. Et les femmes de la famille, d’un caractère fort elles aussi : Ada et son amoureux communiste et Aunt Polly, qui a géré le gang d’une main de fer pendant que les hommes étaient à la guerre.

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Tommy Shelby, le héros tourmenté de Peaky Blinders

La bande de Tommy a, lors d’un vol, accidentellement récupéré des armes de guerre au lieu des paquets de cigarette et des bouteilles d’alcools auxquels ils s’attendaient. Le gouvernement anglais, et principalement Churchill, est très anxieux à l’idée que ces armes tombent dans de mauvaises mains : des communistes, par exemple, ou l’IRA. Un inspecteur est envoyé sur place pour récupérer les pistolets et accessoirement mettre de l’ordre dans Birmingham et il dépêche Grace, une jeune fille de bonne famille, comme espionne.

Voilà, mes amis, une série magnifique dont le seul défaut est d’être trop courte (heureusement qu’il y a encore la saison 2 à voir !). Tout, du scénario à la photographie, des acteurs à la bande son, en est parfait.

4119329-low_res-peaky-blinders-620x335Dès les premières images, les notes de Red Right Hand, de Nick Cave et la vision d’un cheval sombre, s’avançant hors de la brume, monté par un cavalier stoïque donnent l’idée : cette série est un putain de chef d’œuvre. La mise est scène est extrêmement soignée, créant des tableaux animés, des moments qui semblent s’éterniser dans l’instant jusqu’à l’action, brutale et violente. Il y a un côté presque baroque dans ces images très léchées, ces hommes souls, ce sang qui gicle, ces corps qui tombent, et le regard bleu glacier de Tommy, accompagnés d’une musique contemporaine, rock jusqu’au bout des ongles, désespérée et noire.

Car l’âme de ces hommes est noire : le souvenir de la guerre les rend fous, tous. Et rend encore plus fous ceux qui n’y étaient pas et auront, jusqu’à la fin de leur vie, à se justifier d’avoir été planqué. Mais pire sont les souvenirs de ceux qui y ont été, qui ont vécu dans l’angoisse de mourir, ici, dans la boue et le froid ; dans l’angoisse de voir survenir les boches ; dans la folie de la mort et du meurtre.

Comment continuer à vivre, à jouir, à aimer, après avoir vécu aux Enfers pendant 4 ans ? Quelle valeur accorder à la vie humaine ? Ces hommes ont acquis dans les tranchées la pureté et la noirceur d’Anges de la Mort.

Et putain que c’est beau.

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